iOS 27 : Siri passe enfin la seconde
iOS 27 sera plus rapide, Apple le promet. Mais soyons honnêtes, ce n’est pas ça qui fait parler. Ce qui fait parler, c’est Siri.
Le Siri qu’on subit depuis des années — celui qui comprend une phrase sur deux et répond « voici ce que j’ai trouvé sur le web » — tire sa révérence. Le nouveau Siri AI carbure à une technologie Gemini co-développée avec Google. C’est une première : les deux rivaux historiques s’associent sur un composant aussi central de l’iPhone.
Avant de s’inquiéter pour ses données : tout passe par Private Cloud Compute, l’infrastructure chiffrée d’Apple. Personne n’y touche, pas même Cupertino. Federighi l’a martelé en conférence de presse : le code client Gemini n’est pas sur iOS, Apple n’utilise ni les modèles ni l’infrastructure que Google déploie pour ses propres clients. C’est une distillation depuis les modèles Gemini, exécutée dans le cloud privé d’Apple.
Concrètement, Siri a maintenant sa propre app. Il voit ce qu’il y a à l’écran, comprend le contexte, peut écrire un brouillon de mail ou répondre à un message à votre place. La voix est réglable — débit, expressivité, tout se paramètre. C’est le Siri qu’on espérait depuis 2011.
Deux bémols : il faut un iPhone, iPad ou Mac récent pour en profiter, et l’Europe et la Chine devront attendre. Apple se débat encore avec les régulateurs. En clair, les utilisateurs français n’y auront pas droit au lancement.
À côté de Siri, iOS 27 ajoute des widgets vraiment grands — Apple les appelle « extra-large » — et la possibilité de virer le widget Now Playing de l’écran verrouillé d’un simple swipe. Un petit changement, mais ceux qui écoutent Spotify en boucle apprécieront.
Oh, et le code de la bêta développeur mentionne un iPhone pliable. Apple ne confirme rien, mais les indices s’empilent.
macOS Golden Gate : Liquid Glass, prise deux
macOS Tahoe 26 avait introduit Liquid Glass, un nouveau look qui a laissé pas mal de monde perplexe. Les coins d’interface changeaient de rayon d’une fenêtre à l’autre, et l’effet semblait parfois plaqué à la va-vite.
Golden Gate tente de réparer ça. Les icônes système sont harmonisées, les coins sont désormais uniformes — même dans les apps pas encore mises à jour — et un curseur permet de doser l’intensité de l’effet. Pour les allergiques au Liquid Glass, c’est une bouffée d’air.
Siri AI débarque sur Mac via Spotlight. On tape une question, le système route automatiquement, et la conversation s’ouvre dans une fenêtre à part. Visual Intelligence gagne un raccourci clavier : sélectionnez une zone de l’écran et Siri l’analyse. Pratique pour ajouter plusieurs événements Calendrier d’un coup à partir d’un mail, par exemple.
Safari range automatiquement les onglets par sujet, peut vous prévenir quand une page change, et — c’est plus anecdotique — vous laisse créer des extensions en décrivant ce que vous voulez en langage naturel. L’app Raccourcis comprend elle aussi le langage naturel. « Quand je quitte le boulot, envoie mon heure d’arrivée à ma femme » : la phrase suffit à créer le raccourci.
Dans Photos, vous pouvez changer le ratio d’une image ou en modifier la perspective. Les zones manquantes sont remplies automatiquement par le modèle AFM Cloud Image. La démo était bluffante.
watchOS, tvOS, visionOS : le minimum syndical
watchOS 27 ne révolutionne rien mais perd plusieurs anciennes Apple Watch au passage. Si vous avez un modèle d’avant la Series 9, vérifiez la liste de compatibilité avant de vous enthousiasmer.
tvOS 27 et visionOS 27 sont aussi en bêta, mais Apple n’a pas détaillé grand-chose. Pour le Vision Pro, on sent que la priorité est ailleurs cette année.
Ce qui tourne sous le capot
Pendant que le keynote faisait scintiller des widgets, Federighi et son équipe détaillaient l’architecture de Siri AI en coulisses. Cinq modèles tournent sous le nom Apple Foundation Models (3e génération) :
- AFM Core : le modèle embarqué classique, architecture dense, il vit sur l’appareil
- AFM Core Advanced : toujours embarqué, mais sparse et multimodal — Apple n’avait jamais fait ça sur un appareil
- AFM Cloud : le modèle serveur standard, optimisé pour répondre vite sans coûter une fortune
- AFM Cloud Image : dédié à la génération et l’édition d’images
- AFM Cloud Pro : le plus costaud, réservé au raisonnement complexe et aux tâches agentic
Tous sont entraînés sur Apple Silicon avec des données propriétaires. La distillation se fait depuis les modèles Gemini de Google, et pour AFM Cloud Pro, Apple a même fait appel à NVIDIA pour faire tourner ses GPU dans le cloud de Google — le tout sous les mêmes garanties de confidentialité que Private Cloud Compute.
Quand est-ce que ça arrive ?
Les bêtas développeurs sont là. Les bêtas publiques suivront cet été, et les versions finales débarquent à l’automne. Pour Siri AI en français ou en Europe, c’est une autre histoire : Apple lance en anglais d’abord, et les blocages réglementaires en UE et en Chine restent à débloquer.
Bref, une WWDC sans révolution matérielle, mais avec un Siri qui ressemble enfin à ce qu’on nous vend depuis quinze ans. C’est déjà pas mal.